Quelques citations d'Alexandre Jollien puisées dans "Eloge de la faiblesse"
07/12/2012 10:30
- "J'insiste sur les épreuves parce que celles-ci restent inévitables. Rien ne sert de discourir, dépiloguer des heures durant sur la souffrance. Il faut trouver les moyens pour l'éliminer, et si on ne le peut pas, l'accepter, lui donner un sens."
- "Nier le corps, loin de s'élever, c'est s'abaisser".
- "Viser l'harmonie entre ces deux dimensions (corps et spirituel), savoir la gérer, là réside précisément le difficile apprentissage du métier d'homme."
- "Le bonheur, s'il existe, s'oppose diamétralement à un confort quiet, tranquille, tiède. Il réclame une activité intense, une lutte sempiternelle ; il s'apparente à une plénitude désintéressée acquise dans un combat permanent".
- "Pour moi, être sage exige de connaître, de "faire avec" ses possibilités et ses faiblesses, de gérer sa réalité".
- "Accepter, cela nécessite un travail sur soi rigoureux".
- Ce qu'il écrit à propos des éducateurs qui l'ont véritablement aidé : "Ils nous aimaient. Ils avaient confiance en nous, en nos possibilités. Sans prétendre tout maîtriser, conscients que beaucoup d'éléments leur échappaient, ils se montraient modestes. Plus pragmatiques que les autres, ils ne réduisaient pas la réalité à de vains schémas, de futiles théories. Ils agissaient en philosophes, se laissant conduire par la réalité, essayant de nous comprendre tout simplement, mais le mieux possible."
- A propos de Matthieu, un éducateur : "En nous faisant confiance, il nous invitait à découvrir nos illusions, nos penchants, nos faiblesses. (...) il considérait que chacun détient en lui les solutions qu'il s'agit simplement de mettre en lumière. Matthieu ne professait pas un théorie abstraite, extérieure au sujet, il réveillait en nous un savoir, des capacités engourdies. (...) Celui qui aide à accoucher, qui interroge, celui qui réveille les capacités enfouies par différents obstacles. Cette démarche exige confiance absolue en l'homme, mais aussi humilité qui permet de garder ses distances, de ne pas juger l'autre, de pendre conscience que l'autre restera toujours un individu irréductible, qui ne peut être totalement soumis, analysé, compris."
- Réponse à la question de Socrate : "Se sentir tributaire des autres ne te rend-il pas amer ?" : "Je pense au contraire qu'il s'agit d'une richesse, mais pour cela il faut dépasser les mortifications du départ. Mon incapacité à atteindre une parfaite autonomie me montre quotidiennement la grandeur de l'homme. Au coeur de ma faiblesse, je peux donc apprécier le cadeau de la présence de l'autre et à mon tour, j'essaie avec mes moyens de leur offrir mon humble et fragile présence. L'individu faible ne représente pas nécessairement un poids pour l'autre. Chacun dispose librement de sa faiblesse, libre à lui d'en user judicieusement."
- "Madame de Staël disait : "Comprendre, c'est pardonner"."