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Etre homme selon Saint-Exupéry

15/02/2013 17:14

Cette citation me fait penser à la définition du citoyen qui revient souvent dans la pensée de Jean-Paul Delevoye :

 

"Etre homme, c'est précisément être responsable.

C'est connaître la honte en face d'une misère qui ne semblait pas dépendre de soi.

C'est être fier d'une victoire que les camarades ont remportée.

C'est sentir, en posant sa pierre, que l'on contribue à bâtir le monde."

 

Saint-Exupéry, Terre des hommes

Citations de Jean-Paul Delevoye (Entretien à "La Vie" 2010)

15/02/2013 17:01

Des citations de Jean-Paul Delevoye, alors Médiateur de la République, issues d’un entretien accordé au magazine « La Vie »  le 2 septembre 2010.

 

Entretien disponible sur le site suivant :

 https://www.lavie.fr/dyn/imprimer.php?link=/hebdo/2010/3392/jean-paul-delevoye-refonder-le-pacte-de-solidarite-01-09-2010-9072_155.php

 

 

  • Être citoyen, c’est se sentir responsable et solidaire de l’autre, alors qu’aujourd’hui les Français sont devenus consommateurs de l’État. La plupart disent : « J’ai travaillé 40 ans, j’ai droit à... » C’est une grave erreur de penser ainsi. La retraite n’est pas un dû. Il faut redonner du sens à la solidarité publique, tant du point de vue de celui qui donne que de celui qui reçoit. Quand je travaille, je suis responsable de ceux qui ont terminé leur carrière. Quand je suis retraité, je mesure le sens de l’effort fourni par les actifs. Faute de quoi, on entend : « J’en ai marre de payer des impôts pour ceux qui ne travaillent pas, j’en ai assez de payer des retraites que je ne toucherai pas... » Il y a là une sorte de racisme social, une montée des égoïsmes qui sont à l’opposé du pacte de solidarité sur lequel est fondée notre nation.
  • En période de crise, la démocratie peut basculer vers le pire ou vers le meilleur. […] Ou bien l’homme politique guide le peuple et on retrouve le sens de la grandeur, de la solidarité nationale, qui étaient au cœur de notre système social. Ou bien l’homme politique caresse les égoïsmes individuels et on bascule alors dans le chacun pour soi. Nous sommes dans un moment d’équilibre extrêmement préoccupant.
  • Il y a trois grands sentiments qui structurent les sociétés : l’espérance, la peur et l’humiliation. La chute du mur de Berlin a achevé l’espérance collectiviste, la faillite de Lehman Brothers, l’espérance ultralibérale, nous avons perdu les espérances religieuses et philosophiques, et même le politique n’arrive plus à réenchanter l’avenir. Reste alors le champ des peurs et des humiliations dont l’exploitation ouvre la porte au populisme et à l’extrémisme. En France, un basculement préoccupant s’est opéré entre 1995 et 2002, avec le passage du thème de la fracture sociale à celui de la sécurité. En sept ans, on est passé de « je me sens responsable de l’autre », à « j’ai peur de l’autre ».
  • « Comment rebâtir notre pacte de solidarité ? » : Nous devons instaurer un autre rapport au temps, à l’espace et à l’autre. Remettre du moyen et du long terme dans les décisions politiques et économiques. Cela suppose également un autre rapport entre la majorité et l’opposition, qui doivent, certes, s’affronter mais aussi savoir dialoguer en dehors de toute pression électorale. Je souhaiterais qu’elles puissent formuler un diagnostic partagé sur ce que doit être notre pacte autour de la retraite, la santé, la fiscalité. Enfin, pour restaurer la confiance dans le politique, les dirigeants doivent faire preuve d’une éthique et d’une morale exemplaires.
  • Tout décideur devrait être soumis à des analyses profondes sur son éthique.
  • Chacun doit se sentir concerné par la réussite collective.

 

Citations de Jean-Paul Delevoye (discours ONPES 2009)

15/02/2013 16:35

Des citations de Jean-Paul Delevoye, alors Médiateur de la République, issues de son discours « Les enjeux actuels de l’observation sociale » prononcé lors du colloque ONPES (Observatoire National de la Pauvreté et de l'Exclusion Sociale) du 23 octobre 2009.

Discours disponible sur le site suivant :

https://www.onpes.gouv.fr/IMG/pdf/Jean-Paul_Delevoye.pdf

 

  • La cohésion autour de règles communes et de valeurs partagées, qui fondaient le sentiment d’appartenance à une communauté, avec ce que cela suppose de solidarité et de responsabilités, a été remplacée par un modèle « consumériste » de la société. Aujourd’hui, on consomme la République. Chacun veut pouvoir protéger son statut, son confort, sans être dérangé ni importuné par l’autre.
  • […] chacun souhaite une résolution plutôt normative, donc collective : on devient très exigeant à l’égard du collectif et du service public, ce qui permet de soulager sa conscience sans être taxé d’égoïsme. En effet, plus on exige une réponse de l’Etat, moins on se sent responsable d’agir individuellement : il y a une certaine hypocrisie à demander de plus en plus au secteur public, pour mieux se défausser en fait de ses responsabilités individuelles.
  • A partir du moment où on quitte le champ des espérances collectives, on ouvre la porte à ceux qui exploitent et manipulent les peurs et les humiliations : les peurs de l’étranger, du chômage, de la rupture sociale. […] Quant à l’humiliation, elle est présente dans les politiques publiques lorsque l’on attribue des aides non pas en fonction du potentiel de chacun, mais en fonction de son échec.
  • […] l’éveil de nos consciences n’est plus le fait de convictions personnelles, mais d’émotions médiatiques.
  • Les mécanismes d’exclusion se renforcent alors que les mécanismes d’inclusion se grippent.
  • Comment faire en sorte que nos outils de socialisation permettent à chacun, selon son statut, de s’enrichir au contact de l’autre ?
  • Comment retrouver la dimension culturelle de l’attention que l’on doit porter à l’autre, quelle que soit sa situation de précarité ou de pauvreté ?
  • Aujourd’hui, l’homme vaut plus pour ce qu’il dépense que pour ce qu’il pense.
  • Le drame du 21ème siècle repose sur un paradoxe redoutable : nous allons de plus en plus vivre en présence de l’autre, et au même moment nous sommes en train de découvrir la plus grande pauvreté : l’isolement.
  • […] nous sommes confrontés à un défi culturel consistant à donner un sentiment de responsabilité individuelle et collective à l’accompagnement des personnes en difficulté. Dans le cadre de mes services, nous constatons, alors que la loi est supposée protéger le fort et le faible, qu’elle peut au contraire pénaliser le faible qui ignore ses droits. Sur les 70 000 dossiers que nous recevons chaque année, plus de la moitié portent sur des demandes d’information sur les droits.
  • Il est intéressant de savoir que les Allemands se sont appuyés sur les femmes turques pour favoriser l’intégration ou que l’Espagne parvient à maintenir sa cohésion, malgré 20 % de chômage, grâce à la famille et aux fêtes.
  • Nous sommes dans une société qui a engendré le mépris de soi en isolant les individus dans leurs échecs. Or l’homme méprisé méprisera : le mépris de soi engendre le mépris de l’autre, la violence dans les rapports, et le rejet de l’autre. C’est sur de telles mécaniques qu’il est intéressant de réfléchir.

Citations de Jean-Paul Delevoye - "Places aux idées" (janvier 2013)

10/02/2013 10:48

Citations extraites de l'intervention de Jean-Paul Delevoye, président du CESE (Conseil Economique, Social et Environnemental), lors de l'émission "Place aux idées" sur LCP le 23 janvier 2013.

Un enregistrememt de cette émission est disponible sur le site suivant :

   https://www.youtube.com/watch?v=O_VyELQjdD8

https://www.emotionalcompetency.com/images/dialogue.jpg

  • "Aujourd'hui, on manque cruellement d'une politique de vision. Or, s'il n'y a pas de vision, il n'y a pas de projet, et il n'y a pas d'adhésion."
  • "Nous ne sommes pas en crise, mais en métamorphose ; le futur n'est pas la projection du présent, mais la contestation de notre présent."
  • "Comme nos acteurs poilitiques et syndicaux sont faibles, ils se construisent dans la conflictualité."
  • "Si l'on est en métamorphose, le cap du changement est peut-être plus important que la conduite du changement, et cela ne se fait que dans le dialogue."
  • Sur la "dictature du court terme" : "Comment redonner une vision de long terme aux décideurs économiques (actuellement à 3 mois, sous la pression des marchés financiers), et aux décideurs politiques (à 2 ans, sous la pression des écheances électorales) ?"
  • "Nous sommes dans un système royal, monarchique qui fait que l'on préfère, en France, la jouissance du pouvoir à l'exercice du pouvoir, et que l'on cherche à éviter tout ce qui conteste ou fragilise le système. On aboutit ainsi à une formidable stérilisation du système."
  • "Nous sommes en ce moment dans un système où l'offre politique est totalement hypocrite [...] : les espérances politiques apparaissent plus comme un projet de conquête du pouvoir que comme un pouvoir au service d'un projet de société. [...] La division entre la droite et la gauche n'est plus sur le plan des convictions politiques, mais sur celles des stratégies de conquête du pouvoir."

La rencontre selon Alexandre Jollien

10/02/2013 10:17

Quelques citations issues du "Petit traite de l'abandon" :

  • "La plus grande souffrance est selon moi celle qui nous replie sur nous-memes, celle qui nous referme sur notre petit moi".
  • "Le drame, c'est aussi de considerer autrui comme un adversaire, un ennemi, comme le non-moi. Or, au contraire, rencontrer l'autre, c'est faire eclater cette distinction, moi et non-moi, mettre fin a leur face a face".
  • "La rencontre, c'est aussi oser faire des faux pas. Il n'y a pas de mode d'emploi pour aller vers l'autre, juste une certain curiosite".
  • "Rencontrer l'autre, c'est aller vers un autre monde. Sortir de soi, de ses reperes, de ses carapaces et de ses armures. Sortir des roles que nous jouons".
  • "Sartre a tres bien parle de la mauvaise foi : on se forge une personnalite, et toute sa vie on essaie de coller a ce qu'on a decide d'etre. Tout se passe comme si on se forgeait une image ideale de soi et que du matin au soir on s'efforcait de correspondre a cet ideal lointain. Inutile de dire que tot ou tard, on se casse la figure, et que cette chute occasionne mille tiraillements interieurs ainsi qu'une souffrance inouie. De nombreuses douleurs sont induites par cette comedie intime que l'on ne cesse de jouer".
  • "L'une des voies vers la liberte interieure n'est pas a trouver dans l'affirmation de soi, comme on l'entend trop souvent, mais juste dans le fait d'etre la. Juste etre soi, ni plus ni moins, et etre ouvert a l'autre".
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