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Connaissances et esprit critique

12/03/2013 17:27

Jean-Paul Delevoye dans son livre "Reprenons-nous !" :

  • "A l'heure d'Internet, avec l'agilité dont font preuve les nouvelles générations, l'enjeu éducatif ne se mesure plus en quantité de connaissances ingurgitées et recrachées sur une copie ou lors d'un oral d'examen, mais dans la capacité à trouver, au bon endroit, au bon moment et dans les délais impartis, la bonne information."
  • "Cela suppose d'avoir appris non pas à savoir, mais à chercher. Cela requiert d'avoir acquis un esprit critique, une capacité de discernement, une aptitude à travailler en équipe."
  • "Sur tout cela, la machine scolaire, campée sur ses programmes, est en retard par rapport aux élèves eux-mêmes."

A propos de la prison et des délinquants

11/03/2013 17:06

Jean-Paul Delevoye dans son livre "Reprenons-nous" :

  • "[...] il nous importe avant tout que la sanction fasse mal, qu'elle venge la victime et la société, enfin, qu'elle nous débarrasse du "malfaisant". Nous nous préoccupons beaucoup moins de l'effectivité de sa portée pédagogique et du fait que la prison remplisse ou non sa mission de réinsertion, pourtant explicitement prévu dans le droit français. La vérité, c'est que nous ne voulons pas croire à la réinsertion. Nous préférons réduire le coupable à sa faute et ne plus avoir à nous en soucier."
  • "Le monde anglo-saxon [...] reconnaît, lui, le droit à l'erreur et surtout celui de se relever."
  • "La véritable question est de savoir dans quel état et dans quelle disposition va se trouver celui qui sera un jour libéré. [...] Ne vaut-il pas mieux faire l'effort d'une véritable politique de réadaptation à la vie sociale ?"

 

Démocratie et fanatisme

03/03/2013 09:45

"La démocratie est un formidable rempart contre la fanatisation des esprits."

D'après les propos d'un intervenant dans une émission de LCP  ("Ca vous regarde").

 

Rapport annuel du CESE sur l'état de la France 2012

26/02/2013 15:44

Quelques passages qui m'ont plu et touchée.

Rapport dans son intégralité :

 

  • L’application généralisée des valeurs économiques a chassé les réactions de nature morale, que celles-ci soit religieuse ou civique. Il s’en est suivi un caractère plus tendu et plus précaire des relations humaines, jugées principalement à l’aune de l’intérêt personnel.

 

  • Des travaux sociologiques montrent que les régions qui disposent encore de structures sociales plus solides (Ouest de la France par exemple) résistent mieux que le reste du territoire à la dégradation de la perception de la situation économique. Au demeurant, celle-ci résiste mieux dans ces régions, peut-être en raison de la force du lien social.

 

  • A propos de l’école : les connaissances intellectuelles sont privilégiées au détriment de la créativité, des capacités manuelles et du comportement en groupe.

 

  • Les Français ont […] la perception d’une société de fortes inégalités alors qu’elles y sont plutôt inférieures à la moyenne des pays développés et que le taux de pauvreté y est plutôt faible et bien inférieur à la moyenne européenne. Il est vrai que la France attache culturellement un grand prix à l’égalité, qui figure d’ailleurs dans sa devise nationale.

 

  • En réalité, c’est le niveau relatif du revenu qui est un motif de satisfaction et non son niveau absolu, ce qui explique qu’en dépit d’une forte progression des revenus et des niveaux de vie en un demi-siècle, une grande insatisfaction soit manifestée. Les inégalités de revenus ont certes progressé, mais moins en France qu’ailleurs. Par contre, elles sont mieux connues et médiatisées et les caractéristiques de la société française […] les rendent probablement moins supportables que dans les autres pays […].

 

  • Les Français ressortent comme beaucoup plus méfiants vis-à-vis d’autrui que le reste des peuples (selon le World Values Survey, 22 % des Français déclarent faire confiance aux autres ; la confiance est 3 fois supérieure dans les pays nordiques). Or, la confiance et corrélée avec les actions coopératives : plus on est méfiant, moins l’on coopère et plus augmente l’individualisme.

 

  • Extrait de Marianne (août 2012) : Au lieu de piloter stratégiquement les reconversions à opérer, l’Etat a « accompagné le malheur » : indemnisation du chômage plutôt que formation nouvelle, préretraites…

 

  • Jean Gadrey (économiste, professeur émérite à l’université de Lille I, auditionné par le CESE en septembre 2012) estime que le PIB doit croître pour améliorer le bien-être jusqu’à un certain niveau par habitant. Mais ce seuil est dépassé en France depuis les années 70. Au-delà, dit-il, « à partir d’un certain niveau de richesse matérielle, les progrès du bien-être, de santé sociale tiennent à d’autres facteurs et à d’autres politiques que l’augmentation du PIB ; c’est la raison pour laquelle d’autres indicateurs [de bien-être] sont nécessaires ».

 

  • "Déni des réalités économiques" :

Selon les circonstances, un individu adopte des positions différentes :

                - le consommateurs souhaitent acheter des biens de bonne qualité, innovants mais à bas prix ;

                - le salarié veut un bon salaire, une réduction du temps de travail et une assurance raisonnable pour sa retraite ;

                - le chef d’entreprise recherche des marchés rémunérateurs en termes de marges mais craint une hausse des coûts salariaux, hésite sur les dépenses d’investissement et de recherche en raison parfois d’un manque de visibilité sur l’évolution à moyen terme de son activité, regrette le haut niveau des prélèvements fiscaux et des cotisations sociales ;

                - le citoyen réclame l’excellence et l’omniprésence des services publics mais estime qu’il acquitte des impôts trop élevés.

Les Français manquent de culture économique et ne font guère le lien entre ces différentes attitudes parfaitement incompatibles. Les élus et les corps intermédiaires ne semblent pas jouer un rôle pédagogique suffisant.

 

  • Il est important […] que les efforts demandés soient compris. Il faut donc œuvrer pour améliorer la compréhension des réalités économiques, sociales et environnementales dans l’ensemble de la population.

 

  • L’existence d’un dialogue social organisé, régulier est […] indispensable afin de mieux préparer les réformes, de les amender collectivement puis de faire partager la croyance en leur utilité.

 

  • Le CESE souligne l’importance de « ré-enchanter le travail », de revaloriser à tous les niveaux, depuis la scolarité jusqu’aux postes de travail, la notion de « travailler ensemble » […].

 

  • Chacun doit se sentir participant de la société, responsable pour ce qui le concerne de sa bonne tenue, mais aussi confiant dans le fait que les autres adoptent une attitude similaire, sans arbitraire. Les entreprises aussi ont une responsabilité sociale et environnementale : elles doivent veiller au bien-être de leurs salariés, reconnaître leurs qualifications, s’efforcer de sauvegarder les emplois.


 

Citations de Jean-Paul Delevoye ("Agriculture-Environnement", septembre 2012)

21/02/2013 17:10

Citations issues du discours de Jean-Paul Delevoye, président du CESE, lors d'une médiation intitulée "Agriculture-Environnement : de la crispation à la médiation".

Discours disponible dans son intégralité sur ce site : https://www.delacrispationalamediation.net/wp-content/uploads/2012/10/Intervention-Jean-Paul-Delevoye.pdf

 

 

  • Quand les acteurs sont faibles, ils ne peuvent se construire que dans la conflictualité. Quand ils sont forts, ils ne peuvent se construire que dans le dialogue.

 

  • Citation d'Elie Wiesel : Quand je sortais de classe, ma mère ne me disait jamais "Est-ce que tu as bien répondu ?" mais elle demandait toujours "Est-ce que tu as posé la bonne question" ?

 

  • Nous n'avons aucun intérêt à nous mettre autour d'une table parce que nous n'avons pas d'intérêts communs, mais nous avons peut-être une cause commune qui nous dépasse.

 

  • S'il y a moins de biens matériels, il faut plus de biens non-matériels, du bonheur de vivre, du sens à donner à son existence. Au moment où la science nous permet d'espérer d'être centenaire, l'important, ce n'est pas donner des jours à sa vie, c'est de donner de la vie à ses jours.

 

  • [...] pouvoir imagner que le futur n'est pas la projection du présent, mais la remise en cause du présent.[...] le futur, c'est la contestation de notre présent.

 

  • Un disciple posait à Confucius la question suivante : "Qu'est-ce qui fait la force d'un pays ?", et il disait : "Trois choses : les armes pour se défendre, les vivres pour se nourrir, et la confiance du peuple dans les élus. La confiance du peuple est l'arme la plus forte".
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